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Lundi 1er décembre 2008
 
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L'Europe et le monde rural  

L'Europe et le monde rural

Quel bilan peut-on tirer de 40 ans de politique agricole commune (PAC) au niveau national ?

Si nous sommes aujourd'hui autosuffisants et même excédentaires dans la plupart des secteurs agricoles (notre balance commerciale agro-alimentaire a été excédentaire de 9 milliards d'euros en 2003) et que la France reste la 1ère puissance agricole de l'Union européenne avec 23 % des dépenses agricoles, c'est à quel prix !

En 2000, la France ne comptait plus que 663 000 exploitations agricoles contre 1,3 million en 1979. En 2002, la population active agricole n'était plus que de 916 000 personnes (agriculteurs exploitants et salariés agricoles) travaillant à temps plein ou à temps partiel contre 1,870 million en 1980. Tant pour les exploitations que pour les paysans, la baisse a été de 50 % en 20 ans. Malheureusement, cela continue même si le rythme n’est pas aussi soutenu. Les personnes travaillant dans l'agriculture ne représentent plus que 4,3 % de la population active.

En 2000, malgré de nombreux départs en retraite, 37,7 % des exploitants agricoles avaient plus de 55 ans contre 9,9 % qui avaient moins de 35 ans. Pour survivre, ils sont obligés d'emprunter ce qui explique leur fort niveau d'endettement : 98 800 euros en 2001 soit 650 000 FF par exploitation. Ayant travaillé toute une vie pour un salaire médiocre (40 % des agriculteurs sont au SMIC ou au-dessous), ils touchent en fin de vie des retraites de misère qui sont un scandale pour tout gouvernement qui se respecte.

Savez-vous que jusqu'à présent un chef d'exploitation touchait le minimum vieillesse soit 3 654 FF par mois et son conjoint 2 901 FF par mois, moins que le RMI ! Face à de telles injustices, le Front National a réagi et fait un certain nombre de propositions.

A ce lourd bilan, s'ajoute l’action néfaste et délibérée du Chef de l'Etat. En effet, Jacques Chirac sacrifie aujourd'hui l’agriculture française.

En moins d'un an, il a pris quatre décisions majeures qui risquent de faire disparaître l'agriculture et par voie de conséquence l’industrie agro-alimentaire française. C'est le Zambeze avant la Correze, les banlieues avant les campagnes ! Les ruraux devront s'en souvenir avant d'aller voter le 13 juin 2004 !

- En octobre 2002, Chirac a accepté, avec l'accord du chancelier allemand Schroder, de plafonner les dépenses agricoles entre 2007 et 2013 au niveau de 2006 pour une Europe à 25 et non plus à 15. Les 9,5 milliards d'euros que recevait la France, principale bénéficiaire de la PAC, vont fondre comme neige au soleil... Par exemple, en 2004, la Pologne va recevoir 1,5 milliard d'euros pour les aides directes aux agriculteurs. Il pénalise les agriculteurs français les plus performants qui exportent sur les marchés mondiaux mais il devient l'allié objectif des pires ennemis de la PAC, les Américains et les grands exportateurs agricoles comme l'Australie ou l'Argentine.

- En acceptant que le Conseil des Ministres n’ait plus le dernier mot sur les dépenses agricoles mais partage ce pouvoir avec un Parlement européen anti-agricole, Chirac joue contre son camp et porte un coup fatal aux intérêts agricoles français.

- Enfin, en adoptant la réforme de la PAC, en juin 2003, Chirac a accepté le découplage des aides après 2006, c'est-à-dire la suppression du lien entre le montant des aides directes et le niveau de production, la baisse des aides directes pour financer le développement rural en Europe de l'Est et le plafonnement de ces mêmes aides par Etat membre.

En résumé, les quatre fautes graves de Jacques Chirac vont conduire au démantèlement de la PAC, à la fin des organisations communes de marché et a une inévitable renationalisation de la PAC. Quel gâchis pour ce qu'on appelait encore le "pétrole vert" de la France.

A l'inverse, nous proposons un certain nombre de mesures pour redynamiser le monde rural en inversant la logique du "tout urbain" et sauver l'agriculture française

- 1 - Affirmation du principe de la préférence communautaire, principe fondamental de la PAC, pour nos produits agricoles et de la pêche ;

- 2 - Suppression des droits de succession sur la transmission des entreprises agricoles au sein de la famille et suppression de la taxe sur le foncier non bâti )

- 3 - Parité des retraites agricoles avec celles des autres professions et retraites dignes pour le conjoint survivant ;

- 4 - Aide massive à l'installation des jeunes agriculteurs, notamment par une exonération totale des cotisations sociales sur les cinq premières années ;

- 5 - Défense de la souveraineté française en matière de gestion de nos espaces ruraux, type Natura 2000, avec le rôle central des agriculteurs, chasseurs et pêcheurs, garants des équilibres naturels et de nos traditions rurales ;

- 6 - Le retour à de justes prix agricoles ne reposant plus sur des aides aléatoires mais garantissant un revenu favorable à la multifonctionnnalité .

- 7 - Développement de nos labels de qualité (AOC ou "produits du terroir") et de l'agriculture biologique non remis en cause à l'OMC ;

- 8 - Maintien des services publics en milieu rural (écoles, Internet, poste, gendarmerie...) et création d'équipements collectifs intercommunaux...

- 9 - Création de PME/PMI non polluantes bénéficiant d'avantages fiscaux en cas de "délocalisation" en milieu rural ;

- 10 - Promouvoir l'industrie agro-alimentaire et les usages industriels des produits agricoles : biocarburants, débouchés pharmaceutiques.

- 11 - Assurer notre indépendance et notre souveraineté alimentaire par un plan oléoprotéagineux, en remettant en cause l'accord de Blair House qui est devenu caduc ;

- 12 - Dénonciation des accords de libre-échange signés par la Commission européenne qui vont éliminer nos propres productions agricoles en raison de la suppression des droits de douane.

- 13 - Soutien au moratoire sur les OGM réitéré le 18 février 2004, malgré l'avis contraire de la France, moratoire qui date de 1999 et qui doit permettre de régler les problèmes non résolus comme la contamination involontaire ou les importations en vrac.

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