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Lundi 1er décembre 2008
 
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L'Europe et l'emploi  

L'Europe et l'emploi

Nous avons montré comment l'Europe en voulant déréguler, libéraliser, ouvrir les frontières s'opposait à l'emploi et à la croissance (voir chapitre sur l'insécurité sociale). "L'alchimie" européenne non seulement ne transforme pas le plomb en or mais fait disparaître tous les secteurs dont elle s'occupe : hier, charbonnages, sidérurgie, chantiers navals, textile, agriculture, pêche ; aujourd'hui services publics, hôpitaux ... L'Europe est un mélange de juridisme bureaucratique et de philosophie ultra-libérale, contraire à la conception économique et sociale de la France.

La politique de l'euro fort pratiquée par la Banque Centrale Europeenne (BCE) a un effet négatif sur nos exportations hors de la zone euro en raison du coût induit de nos emplois et de nos produits. Nos entreprises désinvestissent en Europe et préfèrent délocaliser pour maintenir leurs bénéfices. En maintenant un taux d'intérêt de 2 % , le double de celui de la réserve fédérale américaine, la BCE joue contre l'emploi et la reprise économique.

Bien plus, le pacte de stabilité et de croissance, conséquence directe de l'euro, mis en place à la demande de l'Allemagne en juin 1997 joue contre l’emploi avec sa règle unique de déficit budgétaire limité à 3 % du PIB (en 2003, la France aura eu un déficit budgétaire de 4,1 % soit 57 milliards d'euros). En ne prenant en compte ni l'inflation, ni l'endettement public, ni la contribution nette au budget communautaire, on pénalise les pays comme la France ou l'inflation est faible par rapport à l'Espagne ou à l'Irlande et dont l'endettement est à la limite autorisée de 60 % du PIB alors que l'Italie et la Belgique dépassent sensiblement 100 % du PIB. Comme le dit fort justement l'économiste Christian Saint Etienne : "le couple franco-allemand apparaît comme la cause de tous les déséquilibres parce que son déficit public dépasse 3 % du PIB. En réalité, ces deux pays sont les principaux contributeurs nets au budget européen, le principal pôle de stabilité des prix internes (inflation) et le principal soutien de la valeur externe de l'euro (balance courante des paiements)". Le pacte est non seulement "stupide" comme l'avait déclaré le Président de la Commission européenne, Romano Prodi, qui poursuit néanmoins devant la Cour de Justice de Luxembourg, la France et l'Allemagne pour non respect des règles de ce même pacte. Comprenne qui pourra ! Il est surtout dangereux pour la croissance et l'emploi. En effet, les investissements productifs (recherche, développement, innovation, santé, enseignement supérieur...) alourdissant le déficit budgétaire sont ou réduits ou abandonnés. En outre, la Commission européenne ne devrait plus être le gardien de 1'orthodoxie budgétaire (le déficit structure) de la France devra être réduit de 0,7 % du PIB en 2004 et 0,5 % en 2005 pour revenir sous les 3 % en 2005).

Avec le système actuel, la France est condamnée à la rigueur jusqu'en 2007, c’est-à-dire à une cure d'austérité budgétaire en raison du pacte, à un chômage accru, à une croissance moindre, à une baisse des salaires et à une augmentation des impôts (notamment la CSG pour résorber le déficit de la Sécurité sociale). Ce pacte "d'austérité budgétaire" est un véritable carcan qui ne fait pas la différence entre la dépense créatrice d'emplois et la dépense de fonctionnement. En France, ceux qui ont soutenu la création de l'euro, en font payer à tous les Français les conséquences.

Dans un premier temps, il faudrait le réformer en retirant les investissements publics (défense, hôpitaux, transports, enseignement...) qui servent la croissance et l'emploi du calcul du déficit budgétaire et définir un pourcentage de 3, 4 ou 5 % sur un cycle économique complet (avec des périodes de croissance et d'autres de récession) et non sur deux années. Plutôt que d'en rester au déficit budgétaire, le pacte devrait être orienté vers la croissance et l’emploi en incluant par exemple les efforts d'innovation, de productivité, de recherche. On sortirait de la logique comptable de Bruxelles pour entrer dans une logique économique, industrielle qui "collerait" à la réalité économique et sociale. L'exemple américain devrait nous ouvrir les yeux ; ils ont un déficit budgétaire de plus de 5 % de leur PIB ce qui ne les empêche pas d'avoir eu une croissance de 3,1 % en 2003 (0,2% pour la France) et un chômage extrêmement bas, autour de 6 % (9,7 % en France). Signalons au passage que les pays européens qui n'ont pas adopté 1'euro se portent mieux que les pays de la zone euro. Par exemple, la Grande-Bretagne a un taux de chômage de 5 % et sa croissance a été supérieure à 2 % en 2003 avec un déficit budgétaire proche de 3 % du PIB.

Le centralisme bruxellois est une réalité : Bruxelles et Francfort concentrent entre leurs mains les pouvoirs économiques, de concurrence, de change et budgétaire et ne laissent aux Etats qu'une marge de manoeuvre insignifiante. Il est temps que cela change sinon, non seulement nous allons connaître la récession et la pauvreté mais nos services publics, notre politique industrielle (énergie, telecom, poste, transports) vont disparaître et, avec eux, notre indépendance nationale et notre influence en Europe et dans le monde.

Le défi à relever est immense : la mondialisation, l'ouverture des frontières, la suppression des barrières douanières et tarifaires (alors que le salaire horaire moyen est de 30 centimes d'euros en Chine et que chaque année l'Inde forme 270 000 ingénieurs de haut niveau), les délocalisations. La politique de Bruxelles d'ouverture des frontières est criminelle : elle tue les emplois, hier dans l'industrie et l'agriculture, aujourd'hui dans les services.

Le Front National est le seul à s'attaquer aux tabous des droits de douane et au dogme du libre-échangisme économique. Sans le rétablissement de droits de douane, nos entreprises ne pourront pas résister ; sans un certain protectionnisme, nos emplois disparaîtront. C'est d'autant plus urgent que la Commission de Bruxelles a signé des accords de libre-échange avec le monde entier et que l'Europe est devenue un immense marché où les droits de douane ne sont plus en moyenne que de 2,6 %. L'intérêt de la France et sa survie sont en jeu. A vous de jouer.

Nos solutions pour l'emploi au niveau européen

Assouplir le pacte de stabilité et de croissance avant éventuellement de le supprimer (y inclure les investissements publics productifs et certains critères comme l’inflation, la dette publique et la contribution nette au budget communautaire)

Rétablir des droits de douane modulables et remboursables pour lutter contre le dumping social, fiscal ou environnemental. En fonction des pays et des produits, le taux perçu a l'entrée de l'Union européenne varierait ; avec ce montant, une ligne de crédit serait ouverte aux pays exportateurs afin qu'ils nous achètent nos marchandises ou utilisent nos services. Plus le pays nous exporte ses marchandises, plus son crédit est important.

Défendre les services publics afin qu'ils ne soient plus soumis aux règles de concurrence et qu'ils puissent bénéficier de subventions publiques afin de respecter les règles d'universalité (le même service quel que soit le lieu), d'égalité (le même prix pour une même prestation) et de qualité.

Appliquer systématiquement les clauses de sauvegarde lorsque le produit importé entraîne une concurrence déloyale et perturbe le marché national (ces clauses sont provisoires et liées à une situation particulière).

Supprimer le monopole de la Commission européenne en matière de concurrence (aide d'Etat, abus de position dominante, fusions-acquisitions...) et de déficit budgétaire (recommandations, sanctions financières, grandes orientations de politique économique,...)

Exiger des entreprises françaises et étrangères qui délocalisent le remboursement des aides ou avantages fiscaux ou autres qu'elles ont reçus.

Entreprendre une politique de grands travaux (réseaux transeuropéens de transport et d'énergie) financés par la Banque européenne d'investissement, le budget communautaire et les Etats-membres en partenariat avec le privé. Développer aussi des programmes de recherche (militaire et civile), d'innovation, liés aux nouvelles technologies en dehors des institutions communautaires comme ce fut le cas d'Airbus (EADS) ou d'Ariane, des programmes militaires comme l'hélicoptère Tigre du groupe Eurocopter ou l'A400M, le futur avion militaire de transport.

Rétablir la préférence communautaire qui a été de facto abrogée et qui était à la base du marché commun avec le tarif extérieur commun et la suppression des droits de douane intérieurs.

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