L'Europe et la souveraineté
La souveraineté d'une nation est sa capacité à
décider librement par et pour elle-même. Elle renvoie
donc aux notions d'indépendance et d'exercice du pouvoir
politique par un gouvernement légitime.
Toute l'histoire de la construction européenne
consiste à priver les Etats de leur souveraineté.
D'abord, parce que l'Europe a vu ses domaines d'intervention
de plus en plus élargis, au point de couvrir aujourd'hui
l'ensemble des sphères économiques, sociales et
politiques. Ensuite, parce que l'organisation et le fonctionnement
des institutions européennes, ainsi que leur mode de
décision, tendent de plus en plus à faire disparaître
la notion même d'Etat-Nation et à confier le pouvoir
aux technocrates de Bruxelles.
Une extension continue des domaines
d'intervention
Du traité créant la Communauté
Européenne du Charbon et de l'Acier, en 1951, au traité
de Nice, en 2000, la France a perdu toute son autonomie de décision
dans des domaines de plus en plus nombreux.
- D'abord dans les secteurs miniers et sidérurgiques,
ou des milliers d'emplois ont été supprimés.
- En 1957, avec le traité de Rome, dans l'agriculture,
le commerce extérieur (les droits de douane sont fixés
à Bruxelles), et dans le domaine économique au
sens large : les aides d'Etat étant interdites, le gouvernement
ne peut plus intervenir directement pour protéger ou
sauver un secteur économique.
- En 1986, avec l'Acte Unique, par l'abolition des contrôles
aux frontières avec les autres pays européens,
l'harmonisation d'une grande partie du droit économique,
commercial et fiscal, ainsi que des normes concernant les produits,
les processus de production, les conditions de travail.
- En 1992, avec le traité de Maastricht, qui crée
l'Union européenne et la monnaie unique, et donne à
Bruxelles des compétences en matière de politique
étrangère, de défense, de police et de
justice.
- En 1997, avec le traité d'Amsterdam, elle abandonne
à l'Europe sa politique d'immigration, sa politique de
l'emploi, sa politique sociale. La même année,
elle accepte le pacte de stabilité : elle n'est plus
maîtresse de ses dépenses publiques, que ce soit
pour le budget de l’Etat ou les dépenses sociales.
Mais l'Europe a aussi une politique des transports,
une politique de l'environnement, de la culture, des sports,
de l'éducation, de la recherche, de coopération
avec le tiers-monde... Pas un domaine n'est épargné.
La Constitution française va-t-elle
disparaître ?
La Constitution française stipule que
la souveraineté appartient au peuple et qu'elle est inaliénable.
Les abandons de souveraineté sont tels que les gouvernements
ont dû en changer le texte à plusieurs reprises
et y intégrer de nouveaux articles permettant les transferts
de souveraineté en matière de monnaie, d'immigration
et de justice. En cas d'adoption d'un Traité constitutionnel
par la Conférence Intergouvernementale (CIG), il conviendra
de réviser une nouvelle fois la Constitution française
pour tenir compte des nouveaux abandons de souveraineté
(majorité qualifiée pour les questions d'asile,
d'immigration, de contrôle aux frontières, de coopération
judiciaire pénale, charte des droits fondamentaux).
Rappelons qu'après l'adoption du référendum
sur le Traité de Maastricht en septembre 1992, il avait
fallu réviser la Constitution pour permettre aux ressortissants
de l'Union européenne vivant en France de voter et d'être
élus aux élections municipales et européennes
(art. 88-3).
Il en avait été de même
après la ratification du Traité d'Amsterdam le
2 octobre 1997. En effet, le Conseil constitutionnel avait estimé
que l'extension du vote àla majorité qualifiée
pour le droit d'asile et l'immigration "portait atteinte
aux conditions d'exercice de la souveraineté nationale"
(Art. 88-2 alinéa 2).
Enfin, l'adoption du mandat d'arrêt européen
a donné lieu à une révision constitutionnelle
le 25 mars 2003 (art 88-2 alinéa 3).
La Constitution française n’est
plus qu'une simple loi ordinaire ou un texte à caractère
général soumis à une norme supérieure
: les traités européens et demain peut-être
une Constitution européenne.
Cette norme juridique la plus élevée de l'Etat
serait-elle vouée à disparaître sous les
coups de boutoir des avancées fédéralistes
et supranationales qui correspondent à autant de reculs
de la souveraineté et de l'identité françaises.
Pour nous en convaincre, il n'y a qu'a comparer un certain nombre
d'articles de la Constitution française et de la future
Constitution européenne.
Exemple : le Président de la République
est le chef des armées.
Dans la future Constitution européenne
: le ministre des Affaires étrangères européen
a pour mission de conduire la politique étrangère
et de sécurité commune et de représenter
l'Union européenne sur la scène internationale.
Autre exemple : le gouvernement détermine
et conduit la politique de la Nation.
Savez-vous que le projet de loi de finances
français doit être soumis à la Commission
européenne avant d'être présenté
à l'Assemblée Nationale. Avec l'obligation de
respecter le pacte de stabilité, les grandes orientations
de politique économique (GOPE), avec les recommandations
et sanctions éventuelles de la Commission européenne
en cas de violation du pacte, avec le monopole de la Commission
en matière de concurrence, d'accords commerciaux, de
signature des traités internationaux, on ne voit pas
très bien ce que le gouvernement "conduit"
encore. Il est vrai que sa conduite laisse à désirer
!
Monsieur Raffarin est obligé d'aller
régulièrement à Bruxelles rendre compte
à Monsieur Prodi, Président de la Commission européenne,
des efforts de son gouvernement pour revenir sous les 3 % de
déficit budgétaire en 2005 (plus personne n'y
croit) et des réformes qu'il entend entreprendre (santé,
retraites, enseignement) pour résorber ledit déficit.
De même que M. Sarkozy était allé négocier
avec les élus corses à Bruxelles des dérogations
au droit commun en matière fiscale, de même M.
Raffarin, Premier ministre de la France, exécute servilement
les ordres du commissaire Monti (voir chapitre sur la Sécurité
sociale). Ce faisant, il humilie la France en allant, par exemple,
demander un délai supplémentaire ou des conditions
moins draconiennes.
Où est dans tout cela la France souveraine
et indépendante, fière de ses quinze siècles
d'existence
Des institutions et des modes de décision
contre les Etats-Nations
Le vrai pouvoir de l'Europe est détenu
par les fonctionnaires de la Commission de Bruxelles. Celle-ci
a non seulement le monopole de l'initiative des lois mais elle
est aussi chargée de leur application. C'est la Commission
qui rappelle les gouvernements à l'ordre, en les menaçant
de sanctions, quand ils n'obéissent pas assez vite (par
exemple ouverture du marché de l'électricité
à la concurrence avec un an de retard par la France)
ou pas du tout (ex : non respect du pacte de stabilité
par le gouvernement Raffarin, qui a laissé le déficit
public dépasser les 3 % du PM prévus par les textes).
Elle peut même imposer des règles aux Etats, contre
leur volonté.
Les Etats, représentés au sein
du Conseil, n’ont en fait qu'un pouvoir législatif.
Or les modes de décision au sein du Conseil bafouent
le principe de droit international d'égalité des
Etats, dans la mesure où la plupart des décisions
européennes sont adoptées à la majorité
qualifiée. Cela signifie qu'un Etat peut se voir imposer
une décision qui va à l'encontre de ses intérêts
vitaux.
Enfin, les lois européennes sont supérieures
au droit national, y compris à la Constitution. Toutes
les décisions de la France doivent être conformes
aux textes et aux normes édictées par Bruxelles.
Un seul exemple : le gouvernement ne peut pas réduire
le taux de TVA sur la restauration, parce que cela est interdit
par les lois européennes en vigueur.
Pour ceux qui douteraient encore de la dépendance
de la France, un seul chiffre : plus de 80 % des lois adoptées
chaque année par le Parlement français ne sont
que la traduction en droit français des directives européennes
!
Avec le FN, l’Europe de la coopération
des Nations
L'Europe doit devenir l'enceinte de coopération
inter-nationale, au sens strict, qu'elle aurait toujours dû
être et non le siège de la technocratie centralisée
et sans âme qu'elle est devenue aujourd'hui.
Pour cela, le
FN propose :
- Que toutes les décisions,
relevant de la souveraineté, soient prises à l'unanimité,
seule méthode qui garantisse le respect des intérêts
de chacun.
- Que chaque Etat soit libre de choisir les domaines dans lesquels
il souhaite coopérer au niveau européen, et également
libre de se retirer de ces coopérations.
- Que la Commission de Bruxelles soit transformée en
simple secrétariat du Conseil, soumise à ses directives
et à son contrôle, et non l'inverse.
Que les questions européennes
engageant leur avenir soient systématiquement soumises
à l'approbation des peuples européens, par voie
de referendum (ex : euro, Schengen, élargissement, Constitution
européenne..)